"Je regarde le visage sur la photo de passeport. Qui est cette femme ?
- Je relève la tête au dessus du lavabo, dit Martin.
- Qui est cet homme ? Tu crois te voir dans le miroir. Mais ce n’est pas toi. Ce n’est pas à cela que tu ressembles. Ce n’est pas le visage littéral, si pareille chose existe. C’est le visage composite. C’est le visage en transition.
- Ne me dis pas ça.
- Ce que tu vois n’est pas ce que nous voyons. Ce que tu vois est perturbé par le souvenir, par le fait d’être qui tu es, qui tu as été tout ce temps, toutes ces années.
- Je ne veux pas entendre ça, dit-il.
- Ce que nous voyons est la vérité vivante. Le miroir adoucit l’effet en immergeant le visage réel. Ton visage est ta vie. Mais ton visage est également immergé dans ta vie. C’est pourquoi tu ne le vois pas. Seuls les autres le voient. Et l’appareil photographique bien sûr."

-

Don Delillo, L’Homme qui tombe.

(via brumes-et-pluie)

(Source: brumes-et-pluie-blog)

brumes-et-pluie:
“ Looks like Doisneau’s pictures.
”

"

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

Invictus - William Ernest Henley

"